« Je ne sais pas quoi dire », « je n’ai pas le temps »... autant d’arguments bidons qui sont les nôtres et que Christian Poirier balaie d’un revers de main. Oui, dans le métro, dans les embouteillages, on peut être uni à Jésus ! C’est ce que montre la dernière étape de notre parcours destiné à passer du « faire » à l’« être ». Pour accueillir l’Enfant-Jésus très concrètement dans nos vies et pour que son doux nom soit sans cesse sur nos lèvres, dans notre cœur... Cet enseignement, dispensé dans le cadre des oratoires de la paroisse de Hyères, s’inspire du livre « Talitha Koum » du père Gourrier. Chaque étape comprend une réflexion, un exercice d’entraînement à réaliser tout au long de la semaine et une méditation sur un passage de la Bible.
La prière est la conversation et l’union de l’homme avec Dieu. (St Jean Climaque, VIIe siècle)
La prière est une relation intime de l’esprit avec Dieu. (Evagre le Pontique, IVe siècle)
Ainsi, la prière est un entretien avec Dieu qui permet une relation intime, une union à Lui.
1. « Je ne sais pas prier »
Si la prière est une conversation avec Dieu... il n’est pas compliqué de prier ! Il suffit de prendre régulièrement le temps d’avoir un entretien avec Dieu et de lui parler cœur à cœur, en toute simplicité. Dieu est avec nous, il nous écoute. N’oublions pas pour autant ce que nous avons appris : savoir nous taire, sortir du tumulte, entrer dans le silence pour L’écouter, Lui. « On n’a pas besoin de tant parler pour prier. On sait que Dieu est là, on lui ouvre son cœur. C’est la meilleure prière celle-là » disait saint Jean-Marie Vianney.
Nous n’avons pas à avoir peur de Dieu Jésus ne cesse de nous inviter à ne pas avoir peur de Dieu : « Rassurez-vous, c’est moi, n’ayez pas peur ! » (Mt 14, 27), « Relevez-vous, n’ayez pas peur ! » (Mt 17,6). Jésus veut par là nous relever, faire de nous des ressuscités. Il partage notre vie pour montrer le chemin et marcher avec nous. Par la méditation et la prière, nous pouvons marcher à sa suite ; Il nous établit dans la confiance, dans l’amour et transforme notre vie en nous unissant à Lui.
« Je ne lui dis rien, je l’aime...
Pour moi, la prière est un élan du cœur, un simple regard jeté vers le ciel ; c’est un cri de reconnaissance et d’amour au sein de l’épreuve comme au sein de la joie ; enfin, c’est quelque chose de grand, de surnaturel, qui me dilate l’âme et m’unit à Jésus. » Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus
2. « Je n’ai pas le temps »
Nous prenons le temps de converser chaque jour avec les personnes que nous rencontrons, et nous n’aurions pas le temps de nous tourner de temps en temps vers Jésus, quel que soit l’endroit où nous sommes pour converser avec lui ?
« Le vrai chrétien prie toute sa vie, essayant d’entrer par la prière en communion avec Dieu. Il le fait parce que la prière n’a pas besoin d’être orale. C’est pourquoi en tous lieux, discrètement, nous pouvons prier. Vous n’avez qu’à formuler une pensée dans le secret de votre âme et faire appel à votre Père. Il est là tout près de vous. » St Clément d’Alexandrie.
« Qu’importe l’occupation en laquelle Il me veut : puisqu’il est toujours avec moi, l’oraison, le cœur à cœur ne doit jamais finir. Je le sens si vivant en mon âme, je n’ai qu’à me recueillir pour Le trouver au-dedans de moi, et c’est cela qui fait tout mon bonheur. Il a mis en mon cœur une soif d’infini et un si grand besoin d’aimer que Lui seul peut rassasier. Alors je vais à Lui, comme le petit enfant à sa mère, pour qu’Il comble, qu’Il envahisse tout, qu’Il me prenne et m’emporte en ses bras : il me semble qu’il faut être si simple avec le Bon Dieu. » Ste Elisabeth de la Trinité
Si nous ne prions pas, ce n’est pas parce que nous ne savons pas comment faire, mais plutôt parce que nous n’en avons pas suffisamment le désir et n’en voyons pas assez l’importance... Demandons au Seigneur le désir du désir si nous ne l’avons pas. « Tout désir qui appelle Dieu en nous est déjà une prière » St Augustin.
3. « La prière, c’est le Royaume »
Cette définition que nous propose Isaac le Syrien peut nous aider à comprendre le rôle de la prière dans notre vie quotidienne. Le mot « royaume » désigne ici la présence même de Dieu ! Dieu nous a créés à son image mais nous devenons à sa ressemblance peu à peu, avec son secours et par toute notre vie. La prière, cette union avec Dieu, ce lien avec notre Créateur, permet à Jésus de transformer peu à peu notre vie de l’intérieur. Elle nous aide à devenir vraiment ce que nous sommes : des êtres créés à l’image et à la ressemblance de Dieu.
Converser avec Dieu ne nous éloigne en rien du monde visible et des réalités terrestres, bien au contraire : elle nous permet d’y prendre totalement notre place avec un cœur uni, pacifié. Ainsi, prier, c’est établir une relation intime avec jésus, le Maître et le Seigneur, qui nous guide, nous ses disciples dont l’enseignement constitue la voie.
Entraînement
Chaque jour, nous sommes invités à prononcer tout simplement le nom de « Jésus » pendant cinq minutes, au cours de notre temps de prière. Ce mot hébreu signifie « Dieu sauve ». Ainsi, quand nous prononçons son nom, non seulement nous nous tournons vers sa personne, mais de plus, nous en appelons à sa mission.
Cette répétition nous permet de nous mettre en présence du Seigneur Jésus. Nous approcher du Maître nous aide à grandir, à croître et à nous sentir mieux, quels que soient les évènements de notre vie. Prononcer son nom régulièrement nous rapproche de Lui. Nous pouvons alors le suivre, l’écouter comme de véritables disciples, avec tous ceux et celles qui se sont mis en marche avant nous.
« Dieu est paisible et rend tout paisible ; fixer son regard sur lui, qui est repos, rend l’âme paisible. » Saint Bernard.
A méditer...
« Bien plus, l’Esprit Saint vient au secours de notre faiblesse, car nous ne savons pas prier comme il faut. L’Esprit lui-même intervient pour nous par des cris inexprimables. Et Dieu, qui voit le fond des cœurs, connaît les intentions de l’Esprit : il sait qu’en intervenant pour les fidèles, l’Esprit veut ce que Dieu veut. Nous le savons, quand les hommes aiment Dieu, lui-même fait tout contribuer à leur bien, puisqu’ils sont appelés selon le dessein de son amour. » Romains 8, 26-28
Christian Poirier, Diacre
Source : ChristiCity