De la foi juive à l’athéisme
Elle naît le 12 octobre 1891, à Breslau, en Prusse (aujourd’hui Worclaw, en Pologne) au sein d’une famille de religion juive. Elle n’a que deux ans lorsque son père meurt et sa mère se chargera seule de l’éducation de ses enfants. La vie familiale, où règne une chaude ambiance, est rythmée par la prière et le travail. Sa mère, très observante, lui inculque le sens de la vérité et de la piété, qu’elle nourrit à la méditation de l’Ecriture.
Mais à l’âge de quinze ans, Edith cesse de prier. Elle se déclare athée. Après son baccalauréat, elle commence des études de psychologie à Breslau. Conquise par la phénoménologie , elle part à Göttingen et fréquente les phénoménologues (Edmund Husserl, Adolf Reinach,...).
De l’athéisme à la foi chrétienne
En 1915, durant la guerre, elle se dévoue comme aide infirmière de la Croix-Rouge allemande en Moravie où elle fera l’expérience douloureuse de la souffrance et de la mort. Et deux événements vont déboucher sur la conversion d’Edith : la mort d’Adolf Reinach sur le front belge en 1917 et sa lecture fortuite de l’autobiographie de sainte Thérèse d’Avila. Le 1er janvier 1922, elle reçoit le baptême. Elle ne se détache pas pour autant de ses racines juives.
Martyre à Auschwitz avec nos frères juifs
Edith Stein continue ses travaux philosophiques, entre autre comme maître de conférence à l’université de Munster.
Mais en 1933, les lois nazies contre les juifs l’excluent de son poste. Après six mois à Breslau, où elle assiste à la conversion de sa sœur, elle entre au Carmel de Cologne et prend le nom de Thérèse-Bénédicte de la Croix. Elle fait profession perpétuelle le 21 avril 1938 tandis que la guerre éclate en Europe. « A ce moment là, l’idée se fit jour en moi, soudain, que Dieu venait à nouveau de poser la main lourdement sur mon peuple et que le destin de ce peuple était aussi le mien ». Un projet de départ pour la Palestine échoue. Le 31 décembre 1938, Sœur Thérèse-Bénédicte et sa sœur Rosa quittent Cologne pour le Carmel d’Echt au Pays-Bas : elles y vivront moins de quatre ans.
L’invasion des Pays-Bas par les troupes nazies précipites les évènements, un second projet de départ des sœurs Stein, pour la Suisse cette fois, échoue et le 2 août 1942 elles sont arrêtées en tant que juives catholiques. Elles sont déportées à Auschwitz, où elles sont gazées le 9 août.
Dans son testament spirituel, la sainte martyre avait demandé à Dieu d’agréer le sacrifice de sa vie : « Dès à présent, j’accepte avec joie la mort que Dieu m’a destinée, dans une parfaite soumission à sa très sainte volonté. Je prie le Seigneur qu’il accepte, pour sa gloire et glorification, et ma vie et ma mort pour toutes les intentions de l’Eglise, pour l’expiation de l’incroyance du peuple juif, et qu’ainsi le Seigneur soit accueilli chez les siens, et que son royaume advienne en toute gloire, pour le salut de l’Allemagne et la paix sur la terre ».
Joseph Gay
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