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Points de repère

Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme I

lundi 27 septembre 2004.

 
 
Jésus est Dieu et homme. Cette vérité de foi a fait coulé beaucoup d’encre et encore aujourtd’hui il n’est pas toujours facile de concevoir le Christ selon ses deux réalités christologique. Eclairage...

Nous sommes chrétiens parce que nous reconnaissons en Jésus de Nazareth, non seulement le Christ, le Messie, le Sauveur, mais aussi le Fils unique et bien-aimé du Père qui s’est fait homme, mort et ressuscité pour notre salut. La deuxième Personne de la Sainte Trinité assume une nature humaine semblable à la nôtre, à l’exception du péché. Le Seigneur Jésus est donc vrai Dieu et vrai homme (cf CEC 464-469). Tel est bien le cœur christologique de notre foi, que l’Eglise conserve précieusement depuis des siècles... qu’elle a dû aussi, dans les premiers siècles de son existence, préciser et défendre, face à de nombreuses conceptions défectueuses, face à des contradictions, etc.

JESUS EST VRAI DIEU

Lorsque Jésus de Nazareth se manifeste à ses contemporains, il y a environ 2000 ans, il est reconnu comme un homme à son aspect (Ph 2,7). Son identité de Fils de Dieu n’est pas immédiatement accessible : elle suppose un cheminement avec lui, et la confession de foi en son identité divine ne se fait qu’avec la grâce. Dès lors, les hérésies qui méconnaissent, puis nient la divinité de Jésus-Christ sont logiquement premières.

1) Hérésies de l’extérieur et de l’intérieur de la foi chrétienne

Certaines hérésies ne voient en Jésus qu’un homme ordinaire, semblable aux autres. Au pire, il est inférieur aux autres hommes : un imposteur, un fou, un possédé, un magicien... Au mieux, il est un homme d’un niveau supérieur aux autres : un prophète, un maître de sagesse, un illuminé, un initié, un libérateur révolutionnaire... Dès l’époque de Jésus, ces opinions avaient cours ; dans l’Eglise primitive, il en allait de même.

Aujourd’hui, l’on reconnaîtra ici des opinions sur Jésus tenues -avec une infinité de nuances, dans lesquelles nous n’entrerons pas-, soit de l’extérieur de la foi chrétienne (Judaïsme, Islam...), soit de l’intérieur du christianisme, lorsque la Figure de Jésus est déclinée selon les sensibilités, les préjugés d’un chacun, ce qui ne peut qu’entraîner un rétrécissement de cette Figure.

2) L’adoptianisme

Jésus peut être ensuite considéré comme un homme exceptionnel, d’un niveau supérieur (par sa sagesse, sa moralité, etc.), que Dieu, par bonté ou à cause de ses mérites, a adopté comme son fils. D’où le nom de cette hérésie : l’adoptianisme.

Cet événement d’adoption peut avoir eu lieu, selon les opinions, soit au Baptême (" Celui-ci est mon Fils bien-aimé... " Mt 3,17), soit à la Résurrection (" Tu es mon fils, moi aujourd’hui je t’ai engendré " Ps 27, Ac 13,33), soit à un autre moment. Mais le résultat est toujours le même : Jésus est fils adoptif de Dieu, non Fils au sens réel ; il est devenu fils à un moment donné, il n’est pas Fils de toute éternité.

3) Courant néo-platonicien, gnose, Témoins de Jéhovah

Jésus peut-être une sorte d’être céleste, de super-ange, descendu sur terre. Il est supérieur aux pauvres hommes terrestres que nous sommes (dans ce cas-là, d’ailleurs, l’intégrité de son humanité est mise en question, dans le même temps), mais il n’est en aucune manière Dieu. Tout au plus est-il " divin ", dans le sens amoindri d’entité céleste. On reconnaît ici les hérésies issues du courant néo-platonicien et de la gnose.

Aujourd’hui, une opinion de cette nature se rencontre parfois chez les Témoins de Jéhovah, pour qui Jésus n’est autre que l’archange Michel.

4) L’arianisme

L’hérésie précédente atteint son apogée dans l’arianisme, du nom du prêtre Arius d’Alexandrie. Pour lui, Jésus est divin, une sorte de demi-dieu, à la fois créature parfaite et démiurge -dieu créateur de l’univers chez les Platoniciens- (comme Logos, c’est-à-dire Verbe de Dieu), mais il est de toute façon inférieur à Dieu, qui seul est inengendré et éternel, et ce Dieu n’est d’ailleurs pas vraiment le Père du Logos. C’est pour faire pièce à cette hérésie que se réunit à Nicée, en 325, le premier Concile œcuménique de l’Eglise, qui définit que le Fils est " homoousios ", consubstantiel au Père : de la même nature divine que le Père, qui la transmet à son Fils en l’engendrant de toute éternité. Le Fils est donc vrai Dieu, non pas créé mais engendré du Père ; le Père est inengendré ; tous deux sont parfaitement égaux en divinité.

5) Le kénotisme

Une dernière hérésie, plus moderne, est appelée kénotisme (à partir de Ph 2,7 : Il s’est anéanti, vidé de lui-même...) : elle considère que Jésus est vrai Dieu, égal au Père, mais qu’en s’incarnant il renonce -en tout ou en partie- à sa divinité. Il cesse d’être Dieu pour devenir homme. Jésus de Nazareth était Dieu dans sa préexistence, mais Il n’est plus Dieu en venant parmi nous.

Face à ces conceptions -infiniment variées dans leurs nuances-, nous devons maintenir fermement que le Fils ne cesse pas d’être Dieu en s’incarnant : Il demeure Dieu pour toujours, même lorsque sa divinité apparaît moins durant sa vie terrestre.

Nous confessons la divinité du Christ : Il est vraiment et pleinement Dieu comme le Père qui l’engendre, égal au Père, et ce de toute éternité, y compris dans son incarnation et sa mort sur la Croix.

JESUS EST VRAI HOMME

Tandis que les hérésies précédentes amoindrissent ou nient la divinité de Jésus, d’autres se sont développées, parfois dans le même temps, amoindrissant ou niant l’humanité de Jésus.

1) Le docétisme

Pour certains, Jésus est bien Dieu, mais Il n’est homme qu’en apparence : il s’est manifesté à ses compagnons comme tel, mais il n’est pas homme réellement. Une sorte de fantôme... C’est le docétisme, du verbe grec " dokein " qui signifie sembler, paraître. On en trouve la trace dès la toute première Eglise, et dans certains textes du Nouveau Testament.

2) Courants gnostiques, New-Age et ésotérisme

Pour d’autres, un peu plus tard, Jésus est un être céleste qui a pris un corps " astral ", " cosmique " ou autre, mais pas charnel, matériel comme le nôtre. En d’autres termes, la chair de Jésus (Jn 1,14) n’est pas la même que celle des hommes ordinaires, et Il n’est donc pas homme comme nous. De ce fait, Il ne peut vivre la souffrance ou la mort comme les autres hommes. Cette théorie, tenus en son temps par certains courants gnostiques, resurgit à l’époque contemporaine dans le New-Age et l’ésotérisme.

3) L’apollinarisme

Certains admettent, contrairement aux hérésies précédentes, que Jésus a vraiment un corps semblable au nôtre, sans pour autant croire qu’il est vraiment et pleinement homme, avec une nature humaine semblable à la nôtre. En effet, un homme est composé d’un corps et d’une âme. Le corps est la partie charnelle et matérielle ; l’âme est la partie immatérielle, qui possède la double fonction de gouverner le corps et d’être le siège des fonctions supérieures de l’être humain : intelligence, volonté, mémoire, affectivité, etc. Une hérésie peut donc constituer à prétendre que Jésus possède bien un corps semblable au nôtre, mais pas une âme. Il n’en aurait pas besoin, puisqu’étant en même temps Dieu, son corps humain est immédiatement uni à se nature divine. C’est l’hérésie de l’apollinarisme, du nom de son fondateur : Apollinaire de Laodicée.

En conséquence, Jésus ne ’fonctionne’ pas comme un homme ordinaire : il n’a pas d’intelligence humaine (Il n’en n’aurait pas besoin, puisque comme Dieu, Il sait déjà tout) ; il n’a pas d’amour humain (Il n’en aurait pas besoin, puisque comme Dieu, Il est déjà amour parfait, charité) ; et ainsi de suite.

Face à cette hérésie, nous confessons que Jésus a assumé, non seulement un corps humain, mais une âme humaine, avec toutes ses " fonctions ", même limitées.

Père Jean-Noël Dol

Source : ChristiCity




 

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