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Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme II

dimanche 10 octobre 2004.

 
 
Après avoir montré que les deux natures du Christ sont intègres, parfaites, complètes : Il est vrai Dieu, Il est vrai homme, reste à s’interroger pour savoir comment ces deux natures s’unissent dans la Personne du Christ, qui n’est autre que la deuxième Personne de la Sainte Trinité.

JESUS EST VRAI DIEU ET VRAI HOMME

Jésus, vrai Dieu et vrai homme, est de deux natures et en deux natures. Deux hérésies opposées l’ont nié ou mal compris.

1) Le monophysisme

Pour les monophysites (du grec « monos », un ; et « physis » nature -> une seule nature), les deux natures divine et humaine du Christ s’unissent par une sorte de mélange, de fusion. La nature humaine, finie et limitée, est en quelque sorte absorbée dans la nature divine, infinie et illimitée. Un peu, pour prendre une image, comme la goutte d’eau tombée dans l’océan, qui se dissout en lui et y disparaît...

Pour d’autres tendances du monophysisme, les deux natures divine et humaine se mélangent pour constituer une sorte d’hybride, une nature mixte divino-humaine. Cette conception se retrouve encore aujourd’hui, dans certaines églises chrétiennes d’Orient (coptes, jacobites...), même si des discussions œcuméniques ont permis d’aboutir à des éclaircissements et à des accords.

2) Le nestorianisme

A l’inverse, les nestoriens (du nom du patriarche de Constantinople Nestorius, initiateur supposé de cette hérésie), affirment que l’union des deux natures divine et humaine dans la Personne du Christ est faible, lâche, quasi-accidentelle, à tel point que chacune d’entre elles constitue une sorte de sujet à part entière... Le Christ ne serait donc pas une seule Personne, mais deux : une Personne divine, et une Personne humaine en même temps.

Or, nous affirmons que le Christ n’est pas deux Personnes, mais une seule : la Personne du Verbe éternel qui s’unit par l’Incarnation une nature humaine parfaite, et non une Personne humaine. De ce fait, la nature humaine du Christ n’est pas une Personne humaine, mais elle est en quelque sorte « greffée » sur la Personne divine du Fils éternel de Dieu (ce que l’on appelle, en termes théologiques, l’union hypostatique).

Le nestorianisme reprend, en les modifiant, d’anciennes opinions adoptianistes, selon lesquelles le Verbe serait descendu, à un moment donné (Baptême ou autre), sur un homme qui existait déjà auparavant. Aux XIXe et XXe siècles, le nestorianisme a connu un regain avec les théories de l’« homo assumptus », essayant de montrer que Jésus est une personne humaine.

Face à ces deux hérésies opposées, le Concile de Chalcédoine, en 451, a défini que le Christ est vrai Dieu et vrai homme, de deux natures et en deux natures, sans confusion ni mélange (contre les monophysistes), sans division ni séparation (contre les nestoriens).

3) Monothélisme et monoénergisme

Après cette définition de Chalcédoine, d’autres hérésies ont cherché à tenir que le Christ, vrai Dieu et vrai homme, n’a en son âme humaine ni volonté propre, ni puissance d’action : lui suffiraient sa volonté divine, sa puissance d’action divine. Par là, on s’approche à la fois de l’appolinarisme et du monophysisme.

Au contraire, l’Eglise a défini que le Christ, étant homme parfait, possède toutes les opérations propres à une âme humaine ; Il possède donc une volonté humaine propre (et pas seulement une volonté divine), une puissance humaine d’action. Le Christ possède donc deux volontés, sa volonté humaine s’accordant en lui librement -mais parfois douloureusement comme lors de son agonie à Gethsémani- à sa volonté divine. Il possède également deux puissances d’action, sa puissance d’action humaine concourrant avec sa puissance d’action divine à l’accomplissement d plan du salut divin en faveur des hommes.

A travers ces diverses définitions de la foi chrétienne, et la condamnation des diverses hérésies, l’Eglise n’a jamais prétendu épuiser le mystère du Christ, mais bien plutôt nous préserver d’opinions fausses, et ainsi baliser un chemin de foi pour une plus grande intelligence de la Personne du Sauveur que nous n’aurons jamais fini de connaître, de suivre, et d’imiter !

Père Jean-Noël Dol

Source : ChristiCity




 

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