logo jeune site jeune des jeunes catholiques de la Côte

 

 

coucher de soleil

jeune

jeune et bougie

bougie jeune jmj

jeune souriant icône de la résurrection regard de jeune jeunes dansants
 
Plan du site  
       
12 / 05 / 2008

Accueil >> Culture >> Cinéma >> La Passion du Christ - Mel Gibson >>   Le chemin de foi de Mel Gibson

Les dossiers sur pasaj.ch



Noël
La couronne de l’Avent
L'étoile des Rois Mages
Le Père Noël et la foi
La crèche et les santons
Le sens de Noël
Qu'est-ce que Noël

Année de l'Eucharistie
L'Eucharistie

Carême 2005
Mal et souffrance

Pâques
Qu'est-ce que Pâques

Littérature
Da Vinci Code

Jean-Paul II
La vie de Jean-Paul II
Un Conclave ?
Jean-Paul II

Benoît XVI
Vie de Benoît XVI
Le nom Benoìt XVI
Benoît XVI

Ascension / PentecôteI
L'Ascension ?
La Pentecôte ?
Qui est l'Esprit Saint ?

Fêtes
15 août, l'Assomption ?
La Toussaint
Le Jeûne Fédéral

Evénements


6 mai 2006
Festi'Flash

Pâques 2006
Pâques 2006

 

Cinéma - Réflexion

Le chemin de foi de Mel Gibson

L’analyse de Laurent Danrieu de Valeurs Actuelles

 

samedi 12 juin 2004.
 
 
La "Passion du Christ" suscite beaucoup de réactions contradictoires : problèmes de diffusions dans les salles, polémiques, enthousiame.... Moment de réflexion...

Enfin ! Enfin on va pouvoir oublier, les procès d’intention pour se concentrer sur l’unique chose à laquelle Mel Gibson ait voulu donner naissance : un film. Après des mois où tout le monde s’est cru obligé de le condamner sans l’avoir vu, le cinéma et la théologie vont enfin re­prendre le dessus sur la mauvaise litté­rature et la mauvaise foi. Dès les premières images de la Passion du Christ, les que­relles infondées s’effacent au profit d’une aventure cinématographique et spiri­tuelle qui n’est pas sans défaut, mais qui se révèle très vite passionnante.

Au fil de la projection,on voit en ef­fet ces accusations s’effondrer une à une pour devenir autant de preuves de la curieuse perversité men­tale qui a érigé la Passion du Christ en bouc émissaire. Commençons par la plus redou­table d’antisémitisme supposé du film. D’après ses détrac­teurs, l’œuvre de Mel Gibson stigmatisait les juifs comme uniques responsables de la mort de Jé­sus. Or, que voit-on ? Des grands prêtres loin d’être unanimes sur la condamna­tion de Jésus : au sein du Sanhédrin, plu­sieurs voix s’élevant contre la parodie de justice que constitue son procès. Des juifs qui prennent le parti de Jésus, en dehors même de son entourage : ainsi Simon de Cyrène, réquisitionné par les Romains pour épauler le Christ, est-il rudoyé par un légionnaire qui le qualifie de juif avec un évi­dent mépris. Des Romains dont la brutalité, la cruauté et même la sauvagerie ne sont pas masquées. Pilate, certes, est hésitant et condamne Jésus à contrecœur : mais c’est là, on le sait,le témoignage même des Evangiles, Un passage d’un sermon nous montre Jé­sus prononçant cette phrase sans ambi­guïté : « Ma vie, personne ne me la prend, c’est moi qui la donne. » En revanche, la fameuse phrase hurlée par la foule dans les Evangiles, « Que son sang retombe sur nous et sur nos enfants », ne figure pas dans le film.

La foule juive, censée être montrée d’une manière rappelant les stéréotypes antisémites ? On n’en voit aucune trace, et cette foule n’est d’ailleurs pas décrite comme unanime. Reste qu’aucun film re­traçant la Passion ne peut faire l’impasse sur le rôle de la foule,clairement pointé par les Evangiles, et dont René Girard a brillamment mon­tré l’importance dans le mécanisme de bouc émissaire que constitue la Passion : l’important dans cette foule n’est pas qu’elle soit juive (comment ne l’aurait -elle pas été ?), mais qu’elle soit foule et donc obéisse au mouvement de toutes les foules : sacrifier à une unanimité fac­tice contre une victime innocente, sou­dainement chargée de tous les maux par un processus mimétique qui permet de reporter toutes les divisions et tous les scandales sur un accusé unique.

Autre critique majeure : la violence. On l’a accusée d’être d’une sauvagerie gratuite,au point que le film ne serait plus qu’un déferlement de barbarie sadique, d’où tout message d’espoir et d’amour, toute lumière seraient absents. C’est en­core faux. Certes, les souffrances de Jé­sus sont décrites avec un réalisme sans fard : jamais la caméra de Gibson ne dé­tourne le regard, et la scène de la flagel­lation, notamment, est plus qu’éprou­vante. Peut-on parler de complaisance pour autant ? Bien sûr que non : jamais cette violence n’est esthétisée,mise en va­leur d’une quelconque façon ; jamais elle ne cherche à susciter autre chose que de l’affliction et de la compassion.

Il est étonnant que les critiques qui trouvent la violence si ludique quand elle est purement gratuite,comme encore ré­cemment dans le KillBill de Tarantino, soient unanimes à la juger déplacée quand elle est édifiante : car quand Tarantino nous invite à jouir de la souffrance d’autrui, et peut-être à nous dédommager de n’être pas en situation de l’infliger pour de vrai, la mise en scène de Gibson ne vise qu’à nous rappeler que nous sommes tous responsables de la souffrance du Christ, à nous mettre en face des consé­quences de nos actes,ces péchés qui,dans la théologie catholique, ont crucifié le Christ bien plus sûrement que les juifs ou les Romains. On ne manquera pas de reprocher à Gibson d’en"faire trop", d’avoir exagéré la longueur de la flagel­lation ou d’avoir montré un corps ou­trageusement sanguinolent. Bien sûr, Gibson en fait trop : parce que les Ro­mains en ont trop fait, parce que le Christ lui-même en a trop fait, s’infligeant une souffrance intolérable par amour pour les hommes. « Je croîs que nous nous sommes trop habitués à voir de jolis crucifix sur les murs et que nous oublions ce qui s’est vrai­ment passé », souligne Mel Gibson.

En réalité,les supplices du Christ tels que nous les montre le film coïncident parfaitement avec les informations déli­vrées par le Saint-Suaire. Celui-ci nous enseigne que le corps du Christ n’était presque plus qu’une plaie. On a pris l’habitude, encouragé par le cinéma, de considérer la flagellation comme une for­malité guère plus formidable que ces coups de fouet administrés autrefois dans la marine, à l’issue desquels le matelot puni reprenait son service en grimaçant.

Or le linceul nous informe que le Christ a reçu entre cent et cent vingt coups de fouets, alors que la loi juive or­donnait qu’on s’arrête à trente-neuf, de crainte que le prisonnier ne meure ! En vérité, Jésus a supporté des souffrances si inhumaines qu’il a en quelque sorte fallu pour les endurer que sa nature di­vine prenne le relais de sa nature humaine, qui n’aurait pu y suffire.

De fréquents flash-back ne manquent pas de remettre, contrairement à ce qui a été si souvent écrit, cette souf­france dans son plan spirituel des extraits des discours de Jésus, les aperçus de la Cène inscrivent la Passion comme le cou­ronnement d’une œuvre d’amour et d’es­pérance. Dans un des plus beaux mo­ments du film, et dans une inspiration vraiment géniale, Gibson a mis dans la bouche de Jésus, à l’intention de Marie venue le relever après l’une de ses chutes, cette phrase extraite de l’Apocalypse : « Voici que je fais toutes choses nouvelles », invitant sa mère à considérer sa douleur à la lumière de la formidable libération qui en résultera pour tout le genre hu­main. Plus tard, voyant la Croix se lever dans le ciel de Jérusalem, Marie a une expression extraordinaire : son regard abandonne sa gangue de douleur pour se laisser envahir par une étrange illu­mination, comme si en un instant elle avait compris le sens de cette Passion, pressenti que l’instrument de torture de son fils serait aussi celui qui lui permettrait de régner sur le monde. La scène de la Résurrection, enfin, d’une briè­veté fulgurante, et que Gibson a pris à bras le corps là où tous ses prédéces­seurs s’en sortaient par l’ellipse, clôt le film d’un magnifique éclair de douceur.

On le voit, le film de Mel Gibson, catholique réputé simpliste et borné, est d’une étonnante densité théologique, même si par sa réflexion sur le déchaî­nement de la violence, la manipulation des foules et sur le sacrifice, il s’agit d’un film universel, qui ne s’adresse pas aux seuls chrétiens : « C’est un événement char­nière de l’Histoire, dit Mel Gibson, qui a fait de nous ce que nous sommes aujourd’hui, croyants ou non-croyants. »

La forme du film est parfois gênante, à cause d’une facture hollywoodienne (ralentis incessants, surlignages sonores redondants, traits trop appuyés) qui hor­ripilait déjà dans Braveheart,\e précédent film de Gibson, et gâche ici irrémédia­blement deux ou trois scènes, dont celle de l’arrestation au jardin des Oliviers. Mais l’ensemble est d’une indéniable puissance, d’une force lyrique d’autant plus bienvenue qu’elle est au service d’une signification spirituelle étonnam­ment subtile. Rien ici n’est gratuit, tout y fait sens. On n’avait jamais montré ainsi la mère de Dieu accompagner son fils dans sa Passion,méritant son titre de Co-Rédemptrice.Le cheminement parallèle de Marie et de Satan, de part et d’autre du chemin de Croix de Jésus, est riche de signification : Jésus ne nous libère du mal et de la mort que parce qu’il a pris chair dans une femme, et c’est l’amour de cette femme, en l’accueillant en son sein, mais aussi en acceptant de l’abandonner de la plus douloureuse des manières au profit de l’humanité tout entière, qui lui a permis de devenir le régénérateur du genre humain.

Si Maïa Morgenstern est une for­midable Marie, le Bulgare Hristo Naumov Shopov est peut-être le meilleur Pilate de l’histoire, incarnant avec finesse les tourments d’un homme dont le rôle est d’incarner l’ignominie passive du re­lativisme. Monica Bellucci confère au rôle presque muet de Marie-Madeleine une intensité douloureuse très parlante. Tous s’expriment en latin et en araméen (fi­nalement sous-titré, contre le désir ini­tial de Gibson), et ce choix qui semblait biscornu donne au film une indéniable puissance, en faisant disparaître l’artificialité de l’utilisation de langues vivantes dans un récit avant tout sacré.

Le Jésus incarné par Jim Caviezel, outre sa ressemblance avec le visage du Saint-Suaire, a pour premier mérite de rompre avec le Christ efflanqué et bla­fard, efféminé même, qu’on voit sou­vent à l’écran. Ce Jésus est un homme costaud, rompu aux travaux manuels, qui n’a pas le dolorisme pour se­conde nature. Les scènes qui le montrent avant sa vie pu­blique ou parmi ses disciples nous font regretter qu’elles ne soient pas plus nombreuses tant elles donnent du Christ une image antisulpicienne.

Mais c’est le Christ souffrant qui est au cœur du film. Jamais on n’a vu la Passion comme cela, jamais on n’a ainsi touché du doigt, comme Tho­mas mettant sa main sur les plaies du Christ, les souffrances endurées par Jésus. Et si c’était cela qui, sous le masque de polémiques absurdes, était reproché en fait à Mel Gibson : nous mettre en face de ce qu’un monde athée comme un christianisme tiède et confortable, finalement converti à un Jésus à la Renan, aimable prêcheur humanitariste, ne veulent plus voir ? Un Christ souffrant, agonisant et triomphant en même temps, parce qu’il aura fallu cette agonie pour arracher à sa torpeur une humanité qui, laissée à elle-même, ne sait écouter que des messages de mort et de haine.

Source : Valeurs actuelles n°1353 du 26 mars 2004




 

 Le chemin de foi de Mel Gibson



 

Partenaires

Jeunes catholiques vaudois
Bealiban
CRV

Accueil | Groupes de jeunes | Events | Messes de jeunes | Humour chrétien | Annuaire | Jeunes | Plan Pasaj | Contact |
www.theo4you.org © 2004 - jeunes catholiques de la Côte